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Un exemple à suivre dans la Vallée de l'Orb

Vallée de l'Orb : haro sur les pesticides

« On voit apparaître des pesticides dans l'eau potable, au niveau des forages dans les nappes alluviales de l'Orb. Ce n'est pas hors normes, et cela n'a pas de répercussions sur la consommation » confesse Laurent Rippert, directeur du syndicat mixte de la vallée de l'Orb. Forts de ce constat, la municipalité de Murviel-lès- Béziers et le syndicat ont pris le problème à bras le corps.

« On aurait pu faire de l'abandon. On s'y refuse. C'est tellement plus facile de tirer un tuyau pour s'abstenir de la ressource locale. A notre avis, tout doit être fait pour la maintenir » ajoute Laurent Rippert. Murviel-lès-Béziers,

2 800 habitants, s'est fixée comme objectif « Zéro phyto ». Norbert Etienne, le maire, évoque « un plan communal de désherbage », et une sensibilisation des viticulteurs et des jardiniers amateurs. « On les invite tous à une culture plus raisonnée. On a la volonté d'être une vitrine. » Le plan communal porte sur 5 000 hectares. « Nos puits de captage des nappes phréatiques de l'Orb reçoivent une partie des pesticides » explique le maire, dont le plan bénéficie des aides de l'Agence de l'eau, de la Région et du Département.

« Une collectivité doit montrer qu'elle est vertueuse pour inciter les autres à changer de comportement. » La commune de Murviel utilise 6 000 litres de produits pour désherber ses rues. « Cela équivaut à une centaine de litres de désherbant pur. C'est beaucoup, surtout lorsqu'il pleut après utilisation. Les eaux de ruissellement s'infiltrent », fait observer Laurent Rippert. Les viticulteurs sont eux aussi invités à mieux faire. Pas facile dans un contexte économiquement difficile, même si la cave coopérative joue le jeu.

« Nous ne sommes pas dans une logique de stigmatisation »,

explique le maire, qui évoque aussi la mise en place d'aires de remplissage de machines à traiter. Les jardiniers amateurs ne sont pas exempts : « Ils surdosent énormément par rapport aux besoins réels. Le "Round up" (molécule AMPA) n'est pas biodégradable. On en retrouve des traces trois ans après utilisation », indique Laurent Rippert. Après Murviel et le plan de préservation de l'Orb et du Libron, d'autres communes voisines se lanceront dans le"défi pesticides". Il faut que ça fasse école.

Anthony JONES

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